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Musique classique et opéra par Classissima

Anna Netrebko

vendredi 2 décembre 2016


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23 novembre

Dossier cadeaux de NOËL 2016 : nos meilleurs cd, dvd, livres à offrir et à partager

Classiquenews.com - Articles Dossier cadeaux de NOËL 2016 : nos meilleurs cd, dvd, livres à offrir et à partager. Quels titres édités pendant l’année 2016 ou plus récemment sont-ils absolument à offrir et à partager ? La Rédaction de classiquenews a sélectionné le meilleur pour des instants hautement musicaux… Et là encore, notre label “CLIC” de CLASSIQUENEWS distingue l’exceptionnel parmi la multitude d’éditions… Consultez ce dossier régulièrement d’ici les fêtes de fin d’année 2016 : nous actualisons notre sélection au fur et à mesure des titres reçus et distingués. COFFRETS événements : nos valeurs sûres CD, coffret événement, annonce. SHAPING THE CENTURY, VOL. 1 — série “20 C” (28 cd Decca / Deutsche Grammophon)… CLASSIQUES DU XXè siècle : la série « 20 C » (pour XX century), nouvelle collection dédiée aux modernité du siècle passé… Decca et Deutsche Grammophon nous offrent ici certains de leur meilleurs enregistrements pour constituer une manière de somme magistrale récapitulant l’histoire musicale du XXè siècle, en sélectionnant les compositeurs et les oeuvres qui depuis 1900, et jusqu’à 1949 – pour ce premier opus qui souhaitons le soit complété par un autre coffret complémentaire-, ont marqué esthétiquement l’histoire musicale occidentale, européenne et américaine. LIRE notre présentation complète du coffret Shaping the century vol1: 1900-1949 COFFRET événement, annonce : La nouvelle édition Mozart 2016 / Mozart : The New complete édition — 200 cd Deutsche Grammophon. Pour les 225 ans du divin Wolfgang… Voilà un coffret éditorialement somptueux qui mérite absolument qu’on s’ arrête (prochaine grande critique complète dans le mag cd dvd livres de classiquenews). A l’heure où la Philharmonie et Fayard célèbrent le génie de Beethoven, il est bon de rappeler ici les mots si justes et visionnaire du Comte Waldstein à l’endroit de Ludwig van justement : Beethoven n’eut de cesse de recueillir et approfondir l’enseignementmusical et esthétique des deux Viennois qui l‘ont précédé et Waldstein de déclarer à l’adresse de Beethoven son protégé arrivé de Bonn à Vienne, et pour l’encourager par cette formule sublime : « Grâce à votre effort, vous recevez des mains de Haydn, l’esprit de Mozart ». On ne peut mieux rappeler la filiation géniale qui les tient tous les trois, chacun selon son tempérament. En LIRE + LIVRES & BEAUX-LIVRES BEAUX LIVRES, compte rendu. Leon Baskt. Catalogue de l’exposition, “BAKST, des Ballets russes à la Haute Couture, à Paris, Bibliothèque musée du Palais Garnier (Editions Albin Michel). 10 chapitres passionnants éclairent la vision personnelle du plasticien Léon Bakst, celle des arts à l’épreuve de la scène. « La Leçon russe » (pour ses origines et sa formation, comme sa culture native) ; « Scène et modernité », puis « L’archaïsme dans la pensée de Bakst » (s’agissant du théoricien de l’avenir), « La référence des poètes et des écrivains » (car l’artiste fut admiré unanimement par ses pairs littéraires, de Proust à Cocteau…), « la mondanité », « les arts décoratifs », « la théâtre de la mode », jusqu’aux « avant-gardes » et au « cinéma »… rien n’est écarté à propos d’un créateur qui aura marqué durablement le spectacle en France dans les années 1910 (avec Diaghilev), puis dans les années 1920, quand il a rompu avec l’impossible et presque pervers fondateur des Ballets Russes, devenant le conseiller artistique du directeur de l’Opéra de Paris, Jacques Rouché. En fin de publication, une « chronologie sélective » permet de rétablir le contexte des créations et ballets réalisés dans la continuité de sa naissance en 1901 à sa mort en 1924. Parmi les révélations captivantes des textes, percent la coopération de Bakst pour l’Opéra de Paris, et aussi sa fidélité à une protectrice engagée comme lui par sa passion de la danse, Ida Rubinstein (dont Bakst a laissé un sublime dessin de dos,- sanguine de 1916, double-page 156-157, reproduit dans l’ouvrage). En LIRE + LIVRES événement. Compte rendu critique. Bernard Fournier : Le génie de Beethoven (Fayard). On connaît bien Bernard Fournier, esprit clair et pensée synthétique pour avoir écrit chez Fayard une formidable « Histoire du quatuor à cordes » (Fayard, 4 volumes, 1999-2010) et aussi un « panorama » du même genre musical. En une érudition qui sait établir des jalons clairs favorables à l’explication et à la compréhension des styles et des manières, l’auteur illustre pour nous le meilleur courant musicologique actuel : ni conceptuel vaseux, ni trop schématique à force de clarification. D’autant plus opportun au moment de la grande rétrospective « le mythe Beethoven » proposée actuellement à la Philharmonie de Paris (jusqu’au 29 janvier 2017), voici un ouvrage modèle qui offrant la meilleure réflexion actuelle, large, généreuse sur Beethoven, choisit de l’expliquer avec la clarté de la passion libre. C’est un mélomane habitué des grands compositeurs et du répertoire classique et romantique ; son expérience de l’écoute et une analyse régulière des partitions, lui permettent d’établir des thématiques qui interrogent en profondeur toute la musique composée par Ludwig van, traversant tous les genres et les restituant dans leurs enjeux, et leurs liens profonds avec la vie du compositeur et son époque. En LIRE + 10 CD à offrir les yeux fermés : pour surprendre et se délecter… CLERAMBAULT REINVENTÉ … dans un nouveau disque d’inédits à paraître le 21 octobre prochain chez Paraty, le nouvel ensemble français sur instruments anciens, Sébastien de Brossard dévoile tout un pan du patrimoine musical français du XVIII ème dont on s’étonne qu’aucune institution d’importance en France et même les plus spécialisées n’aît pas eu l’idée préalable de s’y intéresser; voilà un Clerambault somptueux et dramatiquement inédit dont le raffinement et les audaces comme les difficultés d’écriture posent des jalons décisifs entre Lully et Rameau. L’organiste Fabien Armengaud se passionne pour l’éloquence des Baroques français. Avec son Ensemble Sébastien de Brossard, le chef éclaire un pan méconnu et pourtant jubilatoire de la musique sacrée au début du XVIII ème siècle, celle de Clérambault dont ici les partitions pour 3 voix d’hommes sont dévoilées à leur juste format. On ne s’étonne pas de la part de l’auteur de la cantate La muse de l’opéra que le cycle choisi, éblouisse par un sens exceptionnel du texte, par l’intelligence et le raffinement de son traitement dramatique. Le Passage de La mer Rouge ou la tempête du Motet évoquant la bataille de Lépante (1571), victoire écrasante de la sainte ligue catholique contre les turcs musulmans, en témoignent ainsi particulièrement, exposant et articulant comme rarement le texte en plusieurs tableaux d’une très rare intensité expressive. En somme, monsieur Clérambault, à l’église, fait de l’opéra. En LIRE + CD, compte rendu critique. MOZART : L’idéal maçonnique (Adagio, Nocturnes, Divertimenti / 1 cd KLARTHE). Superbe programme et magistralement interprété par un collectif de « anches » suaves, mordantes, inspirées par le sujet du Mozart maçonnique. Contrairement à de solides préjugés, Mozart jusqu’à la fin de sa vie fut estimé, entouré, apprécié, parfaitement intégré aux milieux viennois les plus actifs (et le plus influents) dont les loges maçonniques, même si sous le règne de l’Empereur Joseph II (édit de 1785), un remaniement important se fit jour à Vienne dans l’organisation et le nombre officiel maximum de loges (3) dans la Capitale impériale. En LIRE + CD, opéra événement, compte rendu critique. LE MOZART CARNASSIER, ERUPTIF de CURRENTZIS. Don Giovanni de Mozart par Teodor Currentzis achève la trilogie en provenance de l’Opéra Tchaikovsky de Perm (Russie), dont le chef est directeur musical. Pari réussi pour cette nouvelle gravure qui saisit par son éloquence subtile des nuances, sa fougue générale, la caractérisation très fine des personnages, le jeu en clair)obscur parfaitement maîtrisé du chef, en particulier dans la continuité du cd3 (lire ci après). C’est la réalisation lyrique la plus attendue de cette fin 2016 : achevant leur trilogie Da Ponte / Mozart, Teodor Currentzis et les instrumentistes de son ensemble « MusicAeterna » redoublent ici de nuances expressives et d’engagement d’une exceptionnelle tenue. Sur un diapason incisif, angulaire à 430 hz, le chef grec livre dans cet enregistrement réalisé à l’Opéra Tchaikovsky de Perm en décembre 2015, soit il y a déjà une année, l’accomplissement le mieux affiné de son cycle mozartien. Tempis fouettés, d’une trempe vorace, carnassière (à la mesure du désir permanent, instinctif, primaire, irrépressible de Don Giovanni, séducteur / félin / prédateur),… En LIRE + CD, événement. Compte rendu critique. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Le théâtre musical de Telemann. Les Masques. Olivier Fortin, direction (1 cd Alpha). En préambule à l’année Telemann (LIRE notre dossier spécial Telemann : 2017, 250 ans de la mort de Telemann), voici un excellent disque qui révèle le raffinement dramatique du compositeur baroque, et simultanément le geste toute sensualité, souplesse, élégance de superbe instrumentistes sur boyaux d’époque, l’Ensemble Masques, réunis autour du claveciniste Olivier Fortin. Rien ne laisse supposer cette peinture flamboyante des passions de l’âme qui s’offre à nous ici, dans une intensité réfléchie, juste, filigranée, d’une fulgurante d’intonation… réellement éblouissante : le son des Masques est remarquable de grâce naturelle, d’expressivité nuancé, de pudeur onirique… En LIRE + CD, compte rendu critique. Jean-Sébastien Bach : Actus tragicus — 4 cantates BWV 106, 150, 131, 12. Vox Luminis. Lionel Meunier (1 cd Alpha, 2016). INCISE et FERVEUR : VOX LUMINIS A SON MEILLEUR. D’emblée l’opulence de la sonorité, à la fois ample et charnue captive : elle permet que s’installe large et profond, – et sur un tapis instrumental des plus resserré, « essentiel » (orgue et 2 violes de gambe), le duo sublime des deux flûtes dont la tendresse dialoguée ne doit pas cacher la symbolique des deux corps creux laissant passer le souffle : la mort dans la vie. Dans la Messe en si, à l’extrémité de la carrière de Jean-Sébastien, l’auditeur saisi saura retrouver la magie à la fois proche, fraternelle et fervente des deux voix ainsi appareillées. La BWV 106, même conçue par un tout jeune compositeur (de 22 ans), affirme une étonnante vision existentielle, – mûre, au questionnement fondamental : Lionel Meunier (qui joue l’une des deux flûtes, insufflant très probablement la juste respiration à ses partenaires) et son fabuleux collectif (instrumentistes et chanteurs), jouent sur la clarté précise de toutes les lignes contrepointées, agissantes en un saisissant théâtre de la foi : à la fois, recueilli et conscient de la mort, et aussi formidablement caractérisé. Le baryton basse fondateur de Vox Luminis sait à nouveau convaincre par une maîtrise qui allie éloquence du discours et incarnation très juste et nuancée de la musique de Bach… En LIRE + CD événement, compte rendu critique. HOMAGES : Benjamin Grosvenor, piano (1 cd Decca). Les Liszt et Franck sublimés du pianiste Benjamin Grosvenor. D’emblée, nous savions qu’à la seule lecture du programme et la très subtile articulation des enchaînements comme des compositeurs ainsi sélectionnés, nous tenions là mieux qu’une confirmation artistique … : un accomplissement majeur s’agissant du pianiste britannique le plus exceptionnel qui soit actuellement et qui en est déjà à son 4è récital discographique pour Decca. Benjamin Grosvenor, parmi la jeune colonie de pianistes élus par Deutsche Grammophon et Decca (Daniil Trifonov, Alice Sara Ott, Yuja Wang… sans omettre les plus fugaces ou plus récents: Elizabeth Joy-Roe, ambassadrice de rêve pour Field chez Decca , ou surtout Seong Jin Cho, dernier lauréat du Concours Chopin de Varsovie…), fait figure à part d’une somptueuse maturité interprétative qui illumine de l’intérieur en particulier ses Liszt et ses Franck. En LIRE + 5 DVD événements DVD, compte rendu critique. Rachmaninov Troika : Aleko, Le Chevalier ladre, Francesca da Rimini (2 dvd Bel Air Classiques). Connaissez vous le Rachma lyrique ? « Aleko » (1893), « Le Chevalier avare » et « Francesca da Rimini » (créés en 1906) sont les trois seuls opéras achevés par Sergei Rachmaninov. Ils sont réunis ici dans une production signé visuellement et théâtralement de Kirsten Dehlholm, avec le concours du collectif d’arts visuels Hotel Pro Forma sous le titre « Rachmaninov Troïka ». Bruxelles, juin 2015. La Monnaie affiche les 3 opéras achevés du jeune Rachmaninov : jeune génie adulé par Tchaikovski, d’une inspiration tragique, noire, pouchkinienne, où l’orchestre davantage que les solistes et le choeur (très présent dans les trois volets ainsi réunis en triptyque, surtout dans Francesca, pour l’évocation des enfers et des âmes maudites errant dans le 2ème cercle), est le vrai protagoniste de la performance. Alors en travaux le théâtre lyrique bruxellois se la joue “hors les murs”, ainsi pour les 3 ouvrages de Rachma, la performance du triptyque a lieu au Théâtre national de Bruxelles. En LIRE + DVD. Einstein on the Beach (Châtelet, 2014). Glass, Wilson, Childs. The Lucinda Childs Dance Company, The Philip Glass ensemble. Enregistré au Théâtre du Châtelet à Paris, en janvier 2014; 2 dvd OPUS ARTE BD7173 D. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016. Créé le 25 juillet 1976 à l’Opéra-Théâtre d’Avignon dans le cadre du Festival, l’opéra Einstein on the beach, malgré son sujet, – scientifique-, reste un jalon majeur de l’écriture moderne au XXè siècle, touchant par son originalité formelle et sa grande invention visuelle. Un ovni onirique sans équivalent alors. Une certaine élite artistique américaine, réunissant comme un art total à la façon des Ballets Russes au début du siècle : danse (Childs), musique (Glass), dramaturgie, mise en scène, décors (Wilson), s’imposait alors sur la scène internationale après leur consécration française en Avignon. Opéra en quatre actes, Einstein on the beach renaissait ainsi dans les années 2010, par ses trois concepteurs re sollicités (surtout la chorégraphe Lucinda Childs invitée à écrire de nouveaux ballets) pour une nouvelle tournée américaine puis européenne passant par Montpellier (2012), puis Paris (comme ici au Châtelet en janvier 2014 où a été réalisé la captation vidéo). En LIRE + DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014). Anna Netrebko incarne une Lady Macbeth très convaincante. Dans son album Deutsche Grammophon édité en 2013 (Verdi album), Anna Netrebko chantait les tiraillements amoureux (Leonora) et les ambitions meurtrières (Lady Mabeth) des héroïnes qu’elle allait ensuite incarner sur scène. Programme prémonitoire en réalité, le cd événement faisait donc office de feuille de route pour la cantatrice actrice. De fait elle a chanté dans la foulée de cet album important Leonora du Trouvère (à Berlin et Salzbourg), puis Lady Macbeth … Voici la fameuse production shakespearienne captée en 2014 au Metropolitan Opera de New York. Les grands événements lyriques de la planète savent faire un tapage médiatique d’autant plus légitime quand il s’agit de prises de rôle attendues et réussies. Dans le cas de la soprano incandescente Anna Netrebko, contre l’avis de certains qui annonçaient une débâcle car elle n’avait pas la voix suffisante, le pari est relevé ; les attentes, couronnées de délices. En LIRE +

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16 octobre

Anna Netrebko, soprano vériste sans peur

Anna Netrebko – Verismo. Francesco Cilea (1866-1950) : Io son l’umile ancella (Adriana Lecouvreur). Umberto Giordano (1867-1948) : La mamma morta (Andrea Chenier). Giacomo Puccini (1858-1924) : Un bel di vedremo (Madama Butterfly), Signore ascolta !, Tu che di gel sei cinta, In questa reggia (Turandot), Vissi d’arte, vissi d’amore (Tosca), In quelle trine morbide, Tutta su me ti posa, Manon, senti amore mio, Sei tu che piangi ?, Sola, perduta, abandonata, Fra le tue braccia, amore (Manon Lescaut). Ruggero Leoncavallo (1857-1919) : Qual fiamma avea nel guardo !... Stridono lassù (I Pagliacci). Alfredo Catalani (1854-1893) : Ebben ? Ne andrò lontana (La Wally). Arrigo Boïto (1842-1918) : L’altra notte in fondo al mare (Mefistofele). Amilcare Ponchielli (1834-1886) : Suicidio ! In questi fieri momenti (La Gioconda). Anna Netrebko (soprano), Yusif Eyvazov (ténor). Orchestra e Coro dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia. Antonio Pappano (chef d’orchestre). Enregistré à l’Auditorium Parco della Musica, Santa Cecilia Hall, Rome en juillet et octobre 2015 et en juin 2016. 1 CD Decca 479 5013 + 1 DVD (Live at Suntory Hall, Tokyo). Code barre 0 28947 950134. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 1h 12’ 02’’




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4 octobre

Compte-rendu, opéra. Norma de Bellini au cinéma. Paris, le 26 septembre 2016. Sonya Yoncheva, Antonio Pappano…

Compte-rendu, opéra. Norma de Bellini au cinéma. Paris, le 26 septembre 2016. Sonya Yoncheva, Antonio Pappano… Casta Diva à Covent Garden. Evènement au Covent Garden de Londres : Norma, le chef d’œuvre bellinien, revient à l’affiche après plus de trente ans d’absence. Pour célébrer dignement ce retour, la maison londonienne avait misé sur des premières fois, de celles qui comptent : sa première incarnation du rôle-titre pour Anna Netrebko, le premier Pollione de Joseph Calleja, et la première lecture de l’œuvre pour Antonio Pappano, le directeur musical de l’institution. Las, quatre mois avant la première, au moment de l’annonce de la nouvelle saison, la diva russe renonce, avançant étonnamment l’évolution de sa nature vocale comme argument. Branle-bas de combat au sein du théâtre, il s’agit, pour que l’évènement conserve son caractère exceptionnel, de trouver une remplaçante avec laquelle l’enjeu demeure similaire. C’est Sonya Yoncheva, toujours prête à de nouveaux défis, qui accepte courageusement de relever la gageure. Nous étions donc curieux de suivre la retransmission que proposait la Royal Opera House à travers le monde depuis sa grande salle. Confortablement installés dans les larges fauteuils du cinéma Publicis sis sur les Champs-Elysées, nous avons pu goûter au superbe niveau de cette soirée. Déjà, le spectaculaire dispositif scénique imaginé par le collectif espagnol La Fura dels Baus, composé de centaines de crucifix amoncelés pour former un espace à la fois grandiose et oppressant qui rappelle souvent une cathédrale. La scénographie place l’histoire de Norma au sein d’une secte d’inspiration catholique, multipliant les symboles et les rites. On se souviendra longtemps des aveux d’Adalgisa joués comme une véritable confession religieuse, Norma pouvant ainsi, cachée dans l’ombre, se laisser aller aux souvenirs de son amour alors naissant. On regrette seulement le décor lourdement raté représentant l’intimité de la prêtresse et de ses enfants cachés, mobilier moderne et froid d’un appartement moderne, avec télévision diffusant sans interruption un dessin animé, irruption brutale et désagréable d’une temporalité actuelle au sein d’une mise en scène qui cultive une intemporalité des plus appréciables. Les gros plans imposés par la caméra permettent en outre d’isoler le magnifique duo entre les deux femmes au deuxième acte, là où les plans larges nous révèlent, alors que la partition atteint son apogée dans la finesse, la fille de Norma qui parcourt la scène en rebondissant sur un ballon (!), détail pour le moins incongru et inutile qui doit, on l’imagine, tuer dans l’œuf toute émotion depuis la salle. Et pourquoi terminer l’œuvre sur l’image d’Oroveso abattant sa fille d’une balle dans la tête ? Des questions sans réponses, mais qui n’entachent pas une production qui reste en grande partie très belle. La distribution réunie pour l’occasion se révèle globalement excellente. Aux côtés de très bons seconds rôles, comme toujours sur la première scène londonienne, on passera rapidement sur un Oroveso indigne, court de timbre comme d’aigus, n’ayant à faire valoir qu’un grave sonore. Promenant son Adalgisa sur toutes les scènes du monde depuis plus de vingt ans, Sonia Ganassi fait montre d’un beau métier, mais la prise de son accentue l’usure de son timbre et étouffe ses aigus forte, qui doivent pleinement sonner en salle. Son jeu, parfois trop hystérique et agité à notre goût, pâtit de la proximité de la caméra, mais demeure toujours engagé et sincère. Un peu à la peine dans ses premières interventions, Joseph Calleja se mesure à un rôle un peu trop lourd pour lui, mais il l’affronte avec ses moyens et fait bénéficier ce personnage souvent sacrifié de toute sa palette de nuances, jusqu’à des aigus piano superbes. Passée une cabalette à la vaillance un peu ardue, son art du chant réussit à rendre intéressant le proconsul romain et son duo avec Adalagisa, de toute beauté, demeure l’un des sommets de la soirée. La prise de son, en captant surtout son émission particulière, comme mixte sur toute la tessiture, au détriment de la projection en salle, accentue la singularité de son portrait vocal. Pleinement concerné scéniquement, le ténor maltais semble avoir beaucoup progressé dans la caractérisation théâtrale et on salue sa prestation. Reste le rôle-titre, l’une des étapes majeures dans une carrière de soprano. On craignait un peu cette prise de rôle qui nous apparaissait prématurée dans le parcours de Sonya Yoncheva. La soprano bulgare a-t-elle eu raison de se mesurer à ce personnage mythique ? Assurément. Doit-t-elle persévérer dans cette voie ? Rien n’est moins sûr. Dès les premières notes, et jusqu’aux derniers accords, on demeure de bout en bout admiratifs du travail accompli par la chanteuse en à peine quatre mois. Norma d’importance Admiratifs et profondément touchés par sa compréhension du rôle, tellement juste et personnelle ; par son jeu habité de bout en bout jusqu’aux regards flamboyants ; par la splendeur de son médium encore davantage flatté par le micro ; par sa diction splendide, incisive et mordante, dont on ne perd pas une syllabe ; par son impeccable style belcantiste, jusqu’aux variations dans les reprises. A beaucoup d’égards déjà, Sonya Yoncheva signe ici une Norma d’importance. Et pourtant l’inquiétude n’est jamais très loin quant à l’évolution de sa voix. Les piani difficiles et souvent détimbrés lorsqu’ils sont tentés ; l’aigu forte attaqué soit de front et en force, soit marqué par un vibrato qui tend à s’élargir dangereusement et qui évoque parfois la Callas des dernières années ; la couleur aléatoire, parfois claire et naturelle, souvent assombrie et appuyée dans le médium, malgré la splendeur du timbre. Autant de détails qui semblent de mauvais augure pour l’avenir d’une chanteuse de seulement 34 ans, aussi douée soit-elle. Sa Leila flamboyante à l’Opéra Comique date d’il y a seulement quatre ans, la métamorphose rapide et radicale qui semble depuis avoir été la sienne nous contraint à former des vœux de prudence pour la suite de sa carrière, afin de pouvoir profiter encore longtemps des talents rares de cette artiste exceptionnelle à maints égards. Couvant amoureusement tout ce petit monde, Antonio Pappano réalise un coup de maitre pour sa première Norma, et se positionne comme le véritable protagoniste de la soirée. Suivi comme un seul homme par tout un orchestre en état de grâce, il tisse un tapis sonore sous les pas des chanteurs, offrant à leurs voix un véritable écrin. Trouvant la juste pulsation de la phrase bellinienne, le chef américain déroule des trésors d’équilibre et de legato, tout en sachant déchaîner les tempêtes au bon moment, notamment dans le final du premier acte, tourbillon de rage et de colère. Une confirmation, s’il en était besoin, de son immense talent de chef d’opéra, qui le rend si précieux aujourd’hui. Une très belle soirée, guidée par le maître-mot : émotion. Compte-rendu, opéra. Norma de Bellini au cinéma. Paris, le 26 septembre 2016. Sonya Yoncheva, Antonio Pappano…



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23 septembre

Cinéma : Sonya Yoncheva chante Norma

CINEMA. Sonya Yoncheva chante Norma, lundi 26 septembre 2016, 19h30. En direct du Royal Opera House de Covent Garden, les salles de cinéma diffusent la prise de rôle événement de cette rentrée lyrique européenne : Norma par la soprano vedette Sonya Yoncheva. A l’affiche du Royal Opera House de Covent Garden à Londres, le sommet belcantiste de Bellini, Norma de 1831, permet actuellement une prise de rôle proche du sublime par la soprano Sonya Yoncheva, – pour classiquenews, l’une des divas assolutas de l’heure, avec sa consoeur Anna Netrebko (dont le récent album discographique Verismo a obtenu le CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016) … Chanter Norma dans le sillon de la créatrice, Giuditta Pasta n’est pas chose aisée pour toutes les cantatrices lauréates à relever les défis de ce rôle de femme forte, tragique, toujours digne. Sa grandeur morale fait plier finalement tous ses ennemis, y compris l’indigne romain Pollione, qui l’a abandonnée pour une plus jeune (Adalgisa) et dont elle a eu deux enfants. Mère et femme trahie, Norma incarne un personnage mythique de l’opéra romantique italien auquel Sonya Yoncheva apporte sa couleur sensuelle et ses dons de tragédienne extatique, langoureuse, hallucinante (en particulier dans le fameux air à la lune, “Casta diva », air légendaire qui a fait le triomphe avant elle, de Maria Callas ou de Montserrat Caballe). Une prise de rôle événement qui explique pourquoi il ne faut manquer sous aucun prétexte cette production diffusée au cinéma, ce (lundi) 26 septembre 2016, à partir de 20h, dans les salles partenaires de l’événement. Autre argument de cette production londonienne de Norma… Dans la fosse l’excellent Antonio Pappano (directeur musical du Royal Opera House / ROH) qui sait ciseler la tenue de l’orchestre dans son rapport aux voix (c’est lui dirige Puccini et les véristes italiens choisis par Anna Netrebko dans son récent recueil « verismo » édité chez Deutsche Grammophon. La réalisation scénique et visuelle est signée du truculent et parfois confus Àlex Ollé, l’un des directeurs de la compagnie catalane La Fura dels Baus. Pour cette Norma, le metteur en scène inscrit l’action de la prêtresse gauloise dans un contexte de guerre menée par les extrêmes d’une société religieuse fanatique. Aux côtés de la soprano vedette, distinguons le ténor maltais riche en finesse et tension dramatique : Joseph Calleja (Pollione), mais aussi Sonia Ganassi (la jeune prêtresse Adalgisa) et Brindley Sherratt (Oroveso, le père de Norma). Durée indicative : 3h, comprenant 1 entracte, une présentation de 15 minutes. Norma diffusée ainsi depuis Londres ouvre la nouvelle saison du ROH Live Cinema, diffusion dans les salles de cinéma en France des spectacles opéras et ballets de ROH / Royal Opera House de Londres (12 soirées sont annoncées pour cette saison, 6 opéras et 6 ballets). Norma de Bellini, en direct du Royal Opera House de Covent Garden, Londres
Chanté en italien avec des sous-titres en anglais NORMA : SONYA YONCHEVA POLLIONE : JOSEPH CALLEJA ADALGISA : SONIA GANASSI MUSIQUE – VINCENZO BELLINI CHEF D’ORCHESTRE : ANTONIO PAPPANO METTEUR EN SCENE : ÀLEX OLLÉ + D’INFOS: sur le site du ROH Royal Opera House de Londres / Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva , à l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016 Norma de Bellini par Sonya Yoncheva à Londres est diffusé aussi sur la radio BBC 3, le 5 novembre 2016 18h30 Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva, à l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016 + D’INFOS sur le site du ROH Londres LES SALLES EN FRANCE partenaires du ROH, qui diffusent NORMA, le 26 septembre 2016, 19h30 : consulter le site du ROH Live cinema

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11 septembre

LONDRES, ROH : Sonya Yoncheva chante Norma (12-26 septembre 2016)

LONDRES, ROH. Norma de Bellini : 12-26 septembre 2016. Sonya Yoncheva chante Norma. Elle a triomphé dans La Traviata de Verdi à l’Opéra Bastille (applaudie vécue en juin dernier, affirmant par son onctueuse féminité, l’une des Violettas les plus raffinées et convaincantes qui soient, avec sa consœur albanaise Ermolena Jaho, grande victorieuse des Chorégies d’Orange 2016), Sonya Yoncheva poursuit sa carrière de haut vol : après plus récemment une Iris de Mascagni, toute autant voluptueusement aboutie à Montpellier, voici à Londres, sa Norma de Bellini (1831), un rôle qui en plus de la beauté de son timbre de miel, devrait aussi confirmer son belcanto, avec phrasés et vocalises à l’envi… Le Royal Opera House présente ainsi sa nouvelle production de Norma, prêtresse à la lune et fille du druide Oroveso, mariée secrètement au Consul romain Pollione mais honteusement trahie par lui, alors qu’elle a eu deux fils du romain. Mais l’homme est faible et lui préfère à présent une jeunette plus adorable (Adalgisa, elle aussi prêtresse gauloise). La tendresse du rôle, son caractère noble et énigmatique, sa moralité aussi font du personnage de Norma, sublime vertueuse, l’un des plus complexes et admirables du répertoire romantique italien. Bellini et son librettiste Romani excellent aussi à peindre l’amitié entre les deux femmes, toutes deux liées à Pollione, mais inspirées par un idéal de loyauté des plus respectables. Adalgisa jure d’infléchir le coeur de Pollione pour qu’il revienne auprès de Norma et ses deux garçons (duo magique Norma / Adalgisa : « Si, fino all’ore », acte II). Ainsi c’est dans la mort et les flammes, que Norma et Pollione se retrouvent unis pour l’éternité. Sur les traces de la créatrice de Norma, Giuditta Pasta, Sonya Yoncheva s’apprête à endosser l’un des rôles qui pourraient bien davantage affirmer sa grande suprématie vocale comme sa grâce dramatique. Avec Anna Netrebko son aînée, une diva d’une irrésistible vérité, doublée d’une hyperféminité particulièrement troublante. Aux côtés de Sonya Yoncheva, le ténor superstar maltais Joseph Calleja, au timbre délicat et au style raffiné, devrait lui aussi convaincre dans le rôle du romain d’abord traître honteux, puis touché par la noblesse de Norma, loyal à son premier amour et prêt à mourir avec elle… Nouvelle production londonienne incontournable. LIRE notre présentation de Norma par Sonya Yoncheva

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