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Musique classique et opéra par Classissima

Anna Netrebko

samedi 21 janvier 2017


Carnets sur sol

7 janvier

Opéra de Paris 2018 : les dates et distributions complètes

Carnets sur sol En complément de la fuite précédente , un aimable lecteur (M. Marcel Québire ) a livré, il y a déjà quelques semaines, les distributions complètes de la saison à venir sous la notule correspondante. Pour ceux qui auraient manqué le commentaire, je le recopie avec quelques ajouts ou précisions (et quelques diacritiques…). Entre parenthèses figure le nombre de représentations prévues. Je précise que, contrairement à la fois précédente où, recueillant une astuce de gens bien informés et allant moi-même récupérer chez l'Opéra de Paris les titres (a priori une source très fiable, à un mois de l'annonce de la programmation !), je n'ai aucune notion de la source cette fois, ni de la fiabilité des données. Néanmoins, comme à la lecture les distributions paraissent très crédibles (ce n'est pas une collection de célébrités ou de gens qui ne viennent pas à Paris d'ordinaire, on y trouve beaucoup d'interprètes valeureux mais pas assez célèbres pour qu'un fan les mette dans un petit rôle de telle œuvre, les « rangs » respectifs des différents chanteurs sont cohérents, etc.), je la laisse pour votre information – et, dans le pire des cas, pour accompagner votre rêverie. Ils figurent, contrairement à la fois dernière, par ordre de représentation. Lehár – La Veuve joyeuse (15) ► Bastille du 9/09 au 21/10 ► Jorge Lavelli – Jakub Hrusa (Hrůša) / Marius Stieghorst ► Véronique Gens / Thomas Hampson / José van Dam → Malgré le titre, probablement en allemand comme les autres années ? Mozart – Così fan tutte (14) ►Garnier du 12/09 au 21/10 ► A-T de Keersmaeker – Philippe Jordan / Marius Stieghorst ► Jacquelyn Wagner / Ida Falk Winland – Michèle Losier / Stéphanie Lauricella – Philippe Sly / Edwin Crossley-Mercer – Frédéric Antoun / Cyrille Dubois – Ginger Costa-Jackson / Maria Celeng – Paulo Szot / Simone Del Savio → Il s'agit de l'exacte double distribution jouée en ce moment (janvier-février 2017), donc pour une reprise au mois de septembre, on peut être assez certain que la distribution ne sera pas celle-là ! (Ce qui repose la question de la source et de l'exactitude.) Debussy – Pelléas et Mélisande (5) ► Bastille du 19/09 au 6/10 ► Robert Wilson – Philippe Jordan ► Etienne Dupuis - Elena Tsallagova - Luca Pisaroni - Franz-Josef Selig Verdi – Don Carlos (11) ► Bastille du 10/10 au 11/11 ► Krzysztof Warlikowski – Philippe Jordan ► Jonas Kaufmann - Ludovic Tézier - Elina Garanca (Elīna Garanča) - Sonya Yoncheva - Ildar Abdrazakov → Les bruits de couloir parlent d'une alternance entre la version française et la version italienne (avec prise de rôle éventuelle de Jonas Kaufmann dans la version française, mais il y a manifestement débat). J'avais lu que Brian Hymel devait chanter en alternance – une double distribution paraît en effet assez logique. Je n'ai pas d'informations en revanche sur les éditions (voir ici celles qui existent de 1867 après coupures (comme chez Pappano) utilisées : version française, version française archi-intégrale avec tout ce qui a été écrit en 1866-7 (comme Matheson, ou Abbado-DGG avec annexes), version italienne en quatre actes (Milan) comme jusqu'ici à Paris, en cinq actes (Modène), en cinq actes avec ajouts de la version française (Londres +) ? Verdi – Falstaff (7) ► Bastille du 26/10 au 16/11 ► Dominique Pitoiset – Fabio Luisi ► Bryn Terfel - Franco Vassalo - Francesco Demuro - Aleksandra Kurzak - Varduhi Abrahamyan Mozart – La Clemenza di Tito (15) ► Garnier du 15/11 au 25/12 ► Willy Decker – Dan Ettinger ► Ramon Vargas (Ramón) / Michael Spyres – Amanda Majeski / Aleksandra Kurzak – Stéphanie d’Oustrac / Marianne Crebassa Janáček – De la Maison des morts (6) ► Bastille du 18/11 au 2/12 ► Patrice Chéreau – Esa-Pekka Salonen ► Andreas Conrad – Peter Mattei – Stefan Margita - Willard White → Le plus sinistre des Janáček, mais servi par de très grands interprètes, d'ailleurs plutôt des voix lumineuses (alors que l'esthétique majoritaire de Bastille, volume oblige, sont plus souvent épaisses, saturées, rauques ou grumeleuses)… Puccini – La Bohème (12) ► Bastille du 1/12 au 31/12 ► Claus Guth – Gustavo Dudamel / Manuel Lopez- Gomez ► Sonya Yontcheva / Nicole Car – Atalla Ayan / Benjamin Bernheim – Artur Rucinski (Ruciński) – Arturo Tagliavini – Aida Garifullina → Garifullina a certes déjà chanté Musetta, mais je me serais figuré que considérant sa notoriété et les rôles pas tous légers qu'elle aborde désormais, elle serait distribuée en Mimí. À voir. Haendel – Jephtha (8) ► Garnier du 13/01 au 30/01 ► Claus Guth – William Christie (Les Arts Florissants) ► Ian Bostridge – Marie-Nicole Lemieux – Philippe Sly – Katherine Watson – Tim Mead → Manifestement le même principe que pour Eliogabalo de spécialistes pas trop spécialistes ; cette fois néanmoins, les chanteurs, célèbres pour autre chose, sont réellement familiers de ce répertoire, et performants. (En revanche, Christie en Haendel, ça fait certes remplir, sans être forcément le meilleur service à lui rendre.) Verdi – Un Ballo in maschera (9) ► Bastille du 16/01 au 10/02 ► Gilbert Deflo – Bertrand de Billy ► Anja Harteros / Sondra Radvanovsky – Marcello Alvarez (Álvarez) / Piero Pretti – Luciana D’Intino – Simone Piazzola – Nina Minasyan Saariaho – Only the sound remains (6) ► Garnier du 23/01 au 07/02 ► Peter Sellars- Ernest Martinez-Izquierdo ► Philippe Jaroussky – Davone Tines (Davóne Tines ) Rossini – Il Barbiere di Siviglia (9) ► Bastille du 24/01 au 16/02 ► Damiano Michieletto – Riccardo Frizza ► René Barbera / Levy Sekgapane – Olga Kulchynska – Massimo Cavalletti / Florian Sempey – Simone Del Savio – Nicolas Testé Verdi – La Traviata (8) ► Bastille du 02/02 au 28/02 ► Benoît Jacquot – Dan Ettinger ► Anna Netrebko / Marina Rebeka – Rame Lahaj (Ramë Lahaj) / Charles Castronovo – Vitaly Bilyy / Placido Domingo (Plácido Domingo) – Virginie Verrez Bartók – Le Château de Barbe-Bleue / Poulenc – La Voix humaine (7) ► Garnier du 17/03 au 11/04 ► Krzysztof Warlikowski – Ingo Metzmacher ► John Relyea – Ekaterina Gubanova – Barbara Hannigan Berlioz – Benvenuto Cellini (9) ► Bastille du 20/03 au 14/04 ► Terry Gilliam – Philippe Jordan ► John Osborn – Pretty Yende – Maurizio Muraro – Audun Iversen – Marco Spotti Wagner – Parsifal (8) ► Bastille du 27/04 au 23/05 ► Richard Jones – Philippe Jordan ► Andreas Schager – Peter Mattei – Anja Kampe – Evgeny Nikitin – Günther Groissböck – Jan-Hendrik Rootering → Je doute qu'on puisse trouver mieux actuellement pour programmer un Parsifal. Ravel – L’Heure espagnole / Puccini – Gianni Schicchi (10) ► Bastille du 17/05 au 17/06 ► Laurent Pelly – Maxime Pascal ► Clémentine Margaine / Michèle Losier – Stanislas de Barbeyrac – Philippe Talbot – Alessio Arduini / Thomas Dolié – Nicolas Courjal / Nicola Alaimo – Vittorio Grigolo – Elsa Dreisig – Rebecca de Pont Davies – Philippe Talbot – Emmanuelle de Negri Moussorgski – Boris Godounov (12) ► Bastille du 07/06 au 12/07 ► Ivo Van Hove – Vladimir Jurowski / Damian Iorio ► Ildar Abdrazakov – Ain Anger – Evgeny Nikitin Donizetti – Don Pasquale (12) ► Garnier du 09/06 au 12/07 ► Damiano Michieletto – Evelino Pido (Pidò) ► Lawrence Brownlee – Nadine Sierra – Michele Pertusi – Florian Sempey Verdi – Il Trovatore (14) ► Bastille du 20/06 au 14/07 ► Alex Ollé – Maurizio Benini ► Sondra Radvanovsky / Elena Stikhina – Marcelo Alvarez (Álvarez) / Robert Alagna / Yusif Eyvazov – Zelko Lucic (Željko Lučić) / Gabriele Viviani – Anita Rachvelishvili / Ekaterina Semenchuk J'ai maugréé la dernière fois contre le peu d'ambition d'une programmation qui ne fait que reprendre les scies du répertoire, exactement ce qui fait dire que l'opéra est un genre mort – quasiment rien de récent, et rien en redécouverte patrimoniale (de France ou d'ailleurs, je ne fais pas le difficile). Considérant que, dans le milieu de la musique classique, on considère comme impossible de modifier la partition… alors effectivement, rien ne change, on ne joue que la même centaine d'œuvres, sans aucune surprise, et il ne reste plus qu'à se repaître de sa propre mauvaise humeur en écoutant de meilleurs chanteurs du passé et en pleurant sur l'Âge d'or à jamais révolu. Je le respecte complètement dans les théâtres qui sont surtout une fenêtre dépaysante : dans les pays, même proches, qui n'ont pas de tradition lyrique propre, comme le Maroc ou la Turquie, en effet on ne joue que La Traviata et la Flûte Enchantée… et c'est légitime, il s'agit d'entr'apercevoir ce qu'est l'essence d'un genre exotique. En revanche, dans une des maisons spécialistes les plus subventionnées au monde, je trouve peu stimulant de ne pas oser, même à la marge, quelques chemins de traverse, qu'on peut amplement se permettre avec son matelas financier. Cette audace, ce sont d'autres maisons plus petites, et pas qu'à Paris (Toulouse, Marseille, Tours, Strasbourg, Metz…) qui la manifestent… et sans être conduites à la ruine, manifestement. En revanche, il faut bien admettre que pour cette saison, les distributions sont somptueuses : ♣ les titulaires internationaux les plus prestigieux de ces rôles – Harteros, Radvanovsky, Netrebko, Rebeka, Kampe, d'Oustrac, Garanča, D'Intino, Semenchuk, Brownlee, Bostridge, Osborn, Álvarez, Castronovo, Kaufmann, Schager, Mattei, Tézier, Lučić, Nikitin, Terfel, Abdrazakov, Courjal, Groissböck, Anger… ♣ des essais très attendus – Yoncheva en Élisabeth, Gens en Glawari, Dupuis en Pelléas & Pisaroni en Golaud… ♣ ou des gens qui ne sont pas starisés mais qui font une grande carrière très méritée – Minasyan, Kulchynska, Car, Stikhina, Crebassa, Barbera, Talbot, Spyres, Conrad, Barbeyrac, Bernheim, Margita, Lahaj, Del Savio, Sly, Piazzola, Ruciński, Vassalo, Tines, Spotti… Et le choix des metteurs en scène est assez adroit : des gens qui vont dans le sens du renouvellement scénique, sans être trop radicaux ou eurotrashisants. L'Opéra de Paris devient l'Opéra de Vienne, en somme : du répertoire pour touristes ou public ronronnant, mais toujours parfaitement chanté. On s'en consolera d'autant mieux, lorsqu'on y mettra les pieds, qu'il y aura mille autre choses à voir simultanément à quelques centaines de mètres à peine. Ce n'est pas pour rien que Dieu a créé l'agenda de Carnets sur sol.

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22 décembre

Anna Netrebko retrouve le Macbeth controversé de Martin Kušej

Munich. 18-XII-2016. Bayerische Staatsoper. Macbeth, Opéra en 4 actes de Giuseppe Verdi sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : Martin Kušej. Décor : Martin Zehetgruber. Costumes : Werner Fritz. Lumières : Reinhard Traub. Avec : Franco Vassallo, Macbeth ; Anna Netrebko, Lady Macbeth ; Ildebrando d’Arcangelo, Banco ; Yusif Eyvazov, Macduff ; Dean Power, Malcolm ; Selene Zanetti, Dame de Lady Macbeth. Chœur et orchestre du Bayerische Staatsoper, direction : Paolo Carignani.




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10 décembre

CD, opéra. Compte rendu critique. PUCCINI: MANON. Anna Netrebko (Armiliato, Salzbourg, 2016 – 2 cd Deustche Grammophon)

CD, opéra. Compte rendu critique. PUCCINI: MANON. Anna Netrebko (Armiliato, Salzbourg, 2016 – 2 cd Deustche Grammophon). Applaudissements au début, la gravure s’affiche clairement tel un enregistrement sur le vif, de facto, au festival de Salzbourg de ce dernier été 2016. L’opéra des premiers succès, de la première reconnaissance, créé à Turin en 1893, Manon exige autant de l’orchestre d’une somptuosité étourdissante, que des chanteurs… Dans l’épisode initial, celui de la rencontre entre les deux amants, soit à Amiens, l’Edmondo de Benjamin Bernheim est un peu court, aux aigus tendus. La plus grande réserve va pour le Des Grieux de Yusif Eyvazov, hélas, ce dès son premier air : « Tra voi, belle, bionde e bruni »… pour son timbre gras, aux aigus vibrés, à la couleur plutôt laide, soit une performance qui dépare et déçoit continûment. En comparaison, le ténor qui chante ici et très bien, le Maître à danser (Patrick Vogel, le bien nommé, – projection plus claire et sans affectation, plus naturelle surtout, affirme un tout autre naturel, réussite que confirme son allumeur public dans l’épisode du Havre, du même acabit : débit, abattage proche du texte, émission claire et franche). Le maniérisme de son style affecte terriblement la tenue générale, et s’il faut désormais écouter La Netrebko en s’infligeant systématiquement son partenaire et époux, force est de reconnaître que notre plaisir sera atténué de moitié. Dès son entrée, et leur rencontre, la soprano austro-russe, descendant de son coche d’Arras, s’impose à mille lieux, par la caresse sensuelle de son timbre : une incarnation à la féminité évanescente, idéalement incarnée. Cependant, on relève parfois une projection engorgée, qui manque de brio, et un vibrato elle aussi qui est loin d’être contrôlé. Vétilles de début de soirée. Les amateurs qui suivent l’actualité du couple savent combien les deux chanteurs ont d’affection pour l’opéra de Puccini : ils se sont rencontrés et mariés dans la suite de leur première Manon à Rome… et le dernier récital discographique de la diva Netrebko, chez Deutsche Grammophon (VERISMO) , comprenant plusieurs airs véristes et pucciniens, s’achevait – lui aussi, sur de larges extraits de Manon, opéra désormais emblématique de leur couple à la ville, à la scène. Manon captivante, pilotée par Marco Armiliato depuis Salzbourg 2016 Netrebko ardente et sensuelle, Eyvazov, rustre et linéaire A Paris, tableau sensuel par excellence (d’un souffle intimiste, même « orientalisant », – flûte aérienne introductive exprimant la nature insouciante de Manon à ce moment), la jeune courtisane Netrebko sculpte chaque tirade de sa partie, incarnant parfaitement cette coquette piquante, sachant émoustiller surtout son généreux patron (Géronte) ; le Lescaut d’Armando Piña reste maniéré et vibré.
Dans sa mélodie langoureuse qui exprime les attentes d’un cœur ardent, passionné, (« In quelle trine morbide »), la diva – parfois en manque de respiration, aux ports de voix trop systématiques, assène pour son audience (totalement acquise à en croire chaque applaudissement à la fin de ses airs) la délicatesse miellée de son timbre parmi les plus voluptueux qui soient, avec en bonus des fins de phrase, tenues, jusqu’à l’expiration du souffle : Anna Netrebko a toujours été une excellente amoureuse … expirante, extatique, aux langueurs blessées d’une rayonnante intensité. Ses aigus charnels en font ici foi. Dans la scène des madrigalistes, commandité par le riche Géronte (efficace Carlos Chausson qui commande un Menuet où la lolita joue la Clorinde à son Tirsis), Puccini renforce davantage la séduction mélodique de son écriture en un contrepoint néobaroque qui rappelle évidemment les superbes mélismes de sa Misa di Gloria… La Netrebko triomphe véritablement dans un rôle taillé pour elle : légère, ardente, d’une hyperféminité qui prend corps et se précise à mesure de l’action ; ajoutant à la pseudo insouciance de la jeune courtisée, cette chair suave qui lui est propre. Le tempérament tragique, passionnelle de Netrebko s’affirme en accents puissants lors des retrouvailles (dispute, soupçons, réconfort) avec Des Grieux avant que Germont ne les surprenne et ne fasse arrêter celle qui l’a trompé : le soprano ample et charnel s’enflamme, porté par ce lyrisme éperdu et ivre inscrit dans la partition de l’orchestre. Rien à faire : le style rustre pour le moins, et linéaire du ténor Eyvazov (dont le timbre ne possède pas l’once d’une ardeur juvénile) ne se bonifie guère, aux côtés d’une sirène aussi brûlante (« E fascino d’amor ; cedi son tua! »). Quel dommage. A moins que le ténor ne revoit sa technique et le placement de sa voix (ses aigus au III, dans la prison du Havre, sont terriblement serrés et criards), les duos à venir entre une Netrebko mûre à présent et un ténor qui n’est pas à sa hauteur, risquent de rebuter. D’une façon générale, louons dans les deux premiers actes, l’engagement des choeurs viennois requis pour l’occasion (parfois épais), la plasticité de l’orchestre (intermède symphonique, avec violoncelle solo initial, ouvrant le III et évoquant l’emprisonnement et le voyage au Havre), et le dramatisme lyrique du chef Marco Armiliato (dans le disque VERISMO ci dessus cité, c’était Antonio Pappano, d’une finesse intérieure idéale, qui dirigeait les deux époux dans une vision autrement plus claire et articulée). Ajoutons que Manon de Massenet de 1884, surtout Thaïs (1894) ont influencé le jeune Puccini : cet intermède fait basculer l’opéra inspiré de l’Abbé Prévost, de la courtisannerie frivole parisienne à l’expérience rude de la vérité et de la mort, précipité musical d’une force inouïe pour ceux qui la découvre pour la première fois dans la continuité de l’action : ivresse extatique de l’orchestre, qui traverse les registres, et fait passer de l’inconscience frivole et décorative (deux premiers actes), à une nouvelle sincérité qui s’affirme en fin d’action. On retrouve une telle structure dans Thaïs, et la fameuse Méditation (pour violon solo) qui occupe le même rôle : césure du fil dramatique, et basculement dans un autre climat, dans ce passage de la comédie à la tragédie. Dommage que Marco Armiliato manque d’intériorité et de suprême retenue dans cette synthèse qui doit foudroyer par sa finesse. Au III (dans la prison du Havre où elle est prisonnière), puis au IV, dans le désert de la nouvelle Orléans, la Manon pleine de remords et plus fragile encore qu’au début, – consciente de tout ce qu’elle aurait pu vivre et aimer, gagne en justesse expressive : torche brûlée (de fait sous le soleil brûlant américain), invocatrice et victime implorante et détruite, Netrebko donne tout au rôle qui marque et saisit par la vérité qu’elle sait lui apporter. Ainsi toute la seconde partie, après l’intermède orchestral (actes III et IV), confirme-t-il notre sentiment général : le rôle d’amoureuse sacrifiée (comme sa Leonora du Trouvère), d’âme brûlée et hallucinée (sa Turandot pour le disque Verismo précédemment cité), de tragédienne expirante s’accomplit ici dans le personnage de Manon, la pêcheresse sublime, de plus en plus digne, c’est à dire vraie, qui expire aux Amériques. Le dernier air, celle de la condamnée (« Sola, perduta, abbandonata », avec hautbois et flûte), – d’une candeur hallucinée, qui bénéficie d’aigus sidérants – clairs et charnels, à nul autres pareils, est la prière ardente d’une désespérée. La sincérité de la cantatrice, est bouleversante et mérite la meilleure note : glaçante incarnation par une clairvoyance âpre dont les accents impuissants (« Non voglio morire »), enfin la tendresse apaisée (associée à la flûte), font couler les larmes. La Netrebko est décidément inégalable. La beauté ardente du timbre est au service d’une sublime intelligence théâtrale. CD, compte rendu critique. PUCCINI : MANON LESCAUT (live Salzbourg août 2016 – 2 cd Deutsche Grammophon — 0289 479 6828 3) – Avec Anna Netrebko, Yusif Eyvazov · Armando Pina, Carlos Chausson · Benjamin Bernheim, Patrick Vogel… Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor, Münchner Rundfunkorchester. Marco Armiliato, direction. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2016. _____________________ LIRE aussi notre comte rendu critique du CD VERISMO par Anna Netrebko : http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-verismo-boito-ponchielli-catalani-cilea-leoncavallo-mascagni-puccini-airs-doperas-par-anna-netrebko-soprano-1-cd-deutsche-grammophon/ AGENDA Anna Netrebko est programmée à la Philharmonie de Paris, le 27 février 2017, dans un programme éclectique, comprenant des extraits de son album VERISMO (chantera-t-elle Turandot ? On l’espère), et avec son compagnon, Ysif Eyvazov, plusieurs tableaux de La Traviata que les deux partenaires chanteront ensuite à la Scala de Milan (mars 2017). RESERVEZ VOTRE PLACE POUR CET EVENEMENT (Coup de coeur de CLASSIQUENEWS) http://lesgrandesvoix.fr/portfolio/anna-netrebko-yusif-eyvazov/

Jefopera

4 décembre

Joyce, étoile de Naples

Ce pourrait être le titre d'une opérette ou d'un spectacle de Music-Hall. Mais non, c'est celui d'un disque récital que Joyce DiDonato a publié il y a déjà deux ans, et que j'ai réécouté hier avec un immense plaisir.  Stella di Napoli, qui donne le titre à l'album, est un opéra écrit en 1845 par Giovanni Pacini, un compositeur talentueux mais éclipsé par Donizetti et Verdi. Et dont Joyce fait revivre un très bel air dans son disque.  Quand je songe à la Naples du début du XIXème siècle, explique Joyce, j'imagine un monde comparable au New York des enseignes à néons d'Andy Warhol dans les années soixante, ou au Paris de Gertude Stein dans les années vingt : une pépinière de talents tous plus créatifs et intrépides les uns que les autres, dont la production volcanique va modifier radicalement le paysage artistique existant.  Naples a été le berceau d'innombrables stars de l'opéra, d'innombrables mélodies, et renouer au début du XXIme siècle avec cette époque passionnante du beau chant enflamme mon âme de musicienne comme une supernova.  Le programme, qui compile, on l'a compris, des extraits d'opéras composés pour la scène napolitaine dans la première moitié du XIXe siècle, présente un choix intelligent et audacieux, où alternent des raretés et inédits avec des airs d'opéras peu connus de compositeurs célèbres (Riedi al soglio, de Zelmira de Rossini, Par che mi dica ancora, d'Elisabetta al castello di Kenilworth de Donizetti et le sublime Dopo l'oscuro nembo, d'Adelson e Salvini, un opéra du jeune Bellini).  Au registre des découvertes, des airs et scènes issus des Nozze di Lammermoor, un opéra écrit par le prince Carafa sur le même argument que la Lucia de Donizetti, d'Il Sonnambulo de Valentini et de La Vestale de Mercadante -ces deux derniers n'étant pas les plus passionnants.  Joyce est une merveilleuse chanteuse, à la personnalité solaire et généreuse. Avec elle, point d'affectation stérile, de chichis, de claquements de bec et de roucoulades agaçantes (on n'est pas chez Bartoli), juste le chant, un chant pur et puissant, d'une belle et noble simplicité, toujours au service de l'émotion.  Et puis, bien sûr, cet ambitus exceptionnel, qui lui ouvre aussi bien le répertoire pour mezzos que celui pour sopranos, apportant au premier lumière et agilité, et au second une profondeur et des couleurs uniques.  J'ai eu la chance de la voir plusieurs fois sur scène : à Genève, tout d'abord, en 2004, où elle incarnait un bouleversant Idamante dans Idoménée, puis à Bastille, quelques années plus tard, où elle formait avec Anna Netrebko un duo inoubliable dans I Capuleti de Bellini. De ce dernier opéra, on retrouvera d'ailleurs, dans Stella di Napoli, le très bel air de Romeo, Tu sola, o mia Giulietta. Mais découvrons plutôt la Lucia de Carafa :  



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2 décembre

CD, annonce. ANNA NETREBKO chante Manon Lescaut…( 2 cd Deutsche Grammophon)

CD, annonce. ANNA NETREBKO chante Manon Lescaut… Après avoir « osé » Turandot dans son dernier cd VERISMO (CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre et novembre 2016 ), la soprano Anna Netrebko revient au disque avec un autre opéra de Puccini, mais dans sa version intégrale : MANON LESCAUT, un rôle qui l’occupe depuis deux ans, et qu’elle a chanté récemment sur scène, comme dans ce cd, au dernier Festival de Salzbourg 2016. Dans Verismo, la diva planétaire, chantait plusieurs extraits de Manon dont « In quelle trine morbide », Deutsche Grammophon édite en décembre l’intégrale de l’opéra avec lequel Puccini connut son premier grand succès lyrique. MANON LESCAUT CROISE L’HISTOIRE AMOUREUSE D’ANNA NETREBKO Il faut de la force et de la puissance, c’est une ténacité réelle accordée à un jeu tout en finesse pour incarner Manon, précise Anna Netrebko. Le personnage de Manon revêt aussi un caractère particulier dans la vie personnelle de la chanteuse : la Manon puccinienne lui a permis de rencontrer son partenaire, assurant le rôle de Desgrieux : le ténor Yusif Eyvazov ; c’était à Rome en 2014 sous la direction de Ricardo Muti ; depuis les deux artistes se sont marier et chantent toujours les deux personnages amoureux. Chanter la jeune femme légère et insouciante dans le Paris baroque de Louis XV, alors compagne de l’étudiant sans le sou, Desgrieux ; puis la maîtresse d’un fermier général riche, enfin mourir exilée en Louisianne, exige davantage qu’une belle voix sensuelle et prenante : la cantatrice doit maîtriser et affiner sa propre conception du personnage. Qu’en est il réellement dans ce disque, miroir des représentations à Salzbourg à l’été 2016 ? Réponse dans notre prochaine grande critique dans le mg cd dvd livres de classiquenews.com CD, annonce. GIACOMO PUCCINI : Manon Lescaut — Anna Netrebko, Yusif Eyvazov, Armando Pina, Carlos Chausson, Benjamin Bernheim, Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor, Münchner Rundfunkorchester, Marco Armiliato (direction). 2 cd Deutsche Grammophon 0289 479 6828 3 — Live from Salzburg festival 2016. ____________________ LIRE AUSSI : CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opéras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon). De La Wally à Gioconda, d’Adrienne Lecouvreur à Marguerite, sans omettre les pucciniennes Butterfly, Liù et Turandot, aux côtés de Manon Lescaut, Anna Netrebko confirme son immense talent d’actrice. En plus de l’intensité d’une voix de plus en plus large et charnelle (medium et graves sont faciles, amples et colorés), la soprano émerveille et enchante littéralement en alliant risque et subtilité. C’est à nouveau une réussite totale, et après son dernier album Iolanthe / Iolanta de Tchaikovsky et celui intitulé VERDI, la confirmation d’un tempérament irrésistible au service de l’élargissement de son répertoire… Au très large public, Anna Netrebko adresse son chant rayonnant et sûr ; aux connaisseurs qui la suivent depuis ses débuts, la Divina sait encore les surprendre, sans rien sacrifier à l’intelligence ni à la subtilité. Ses nouveaux moyens vocaux même la rendent davantage troublante. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. De Boito (né en 1842), le librettiste du dernier Verdi (Otello et Falstaff), Anna Netrebko chante Marguerite de Mefistofele (créé à La Scala en 1868), dont les éclats crépusculaires préfigurent les véristes près de 15 années avant l’essor de l’esthétique : au III, lugubre et tendre, elle reçoit la visite du diable et de Faust dans la prison où elle a été incarcérée après avoir assassiné son enfant. « L’altra notte in fondo al mare » exprime le désespoir d’une mère criminelle, amante maudite, âme déchue, espérant une hypothétique rémission. Même écriture visionnaire pour Ponchielli (né en 1834) qui compose La Gioconda / La Joyeuse sur un livret du même Boito : également créé à La Scala mais 8 ans plus tard, en 1876, l’ouvrage affirme une puissance dramatique première en particulier dans l’air de Gioconda au début du IV : embrasée et subtile, Netrebko revêt l’âme désespérée (encore) de l’héroïne qui dans sa grande scène tragique (« Suicidio ! ») se voue à la mort non sans avoir sauvé celui qu’elle aime, Enzo Grimaldi… l’espion de l’Inquisition Barnaba aura les faveurs de Gioconda s’il aide Enzo à s’enfuir de prison. En se donnant, Gioconda se voue au suicide. LIRE notre critique complète du cd VERISMO par Anna Netrebko

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23 novembre

Dossier cadeaux de NOËL 2016 : nos meilleurs cd, dvd, livres à offrir et à partager

Dossier cadeaux de NOËL 2016 : nos meilleurs cd, dvd, livres à offrir et à partager. Quels titres édités pendant l’année 2016 ou plus récemment sont-ils absolument à offrir et à partager ? La Rédaction de classiquenews a sélectionné le meilleur pour des instants hautement musicaux… Et là encore, notre label “CLIC” de CLASSIQUENEWS distingue l’exceptionnel parmi la multitude d’éditions… Consultez ce dossier régulièrement d’ici les fêtes de fin d’année 2016 : nous actualisons notre sélection au fur et à mesure des titres reçus et distingués. COFFRETS événements : nos valeurs sûres CD, coffret événement, annonce. SHAPING THE CENTURY, VOL. 1 — série “20 C” (28 cd Decca / Deutsche Grammophon)… CLASSIQUES DU XXè siècle : la série « 20 C » (pour XX century), nouvelle collection dédiée aux modernité du siècle passé… Decca et Deutsche Grammophon nous offrent ici certains de leur meilleurs enregistrements pour constituer une manière de somme magistrale récapitulant l’histoire musicale du XXè siècle, en sélectionnant les compositeurs et les oeuvres qui depuis 1900, et jusqu’à 1949 – pour ce premier opus qui souhaitons le soit complété par un autre coffret complémentaire-, ont marqué esthétiquement l’histoire musicale occidentale, européenne et américaine. LIRE notre présentation complète du coffret Shaping the century vol1: 1900-1949 COFFRET événement, annonce : La nouvelle édition Mozart 2016 / Mozart : The New complete édition — 200 cd Deutsche Grammophon. Pour les 225 ans du divin Wolfgang… Voilà un coffret éditorialement somptueux qui mérite absolument qu’on s’ arrête (prochaine grande critique complète dans le mag cd dvd livres de classiquenews). A l’heure où la Philharmonie et Fayard célèbrent le génie de Beethoven, il est bon de rappeler ici les mots si justes et visionnaire du Comte Waldstein à l’endroit de Ludwig van justement : Beethoven n’eut de cesse de recueillir et approfondir l’enseignementmusical et esthétique des deux Viennois qui l‘ont précédé et Waldstein de déclarer à l’adresse de Beethoven son protégé arrivé de Bonn à Vienne, et pour l’encourager par cette formule sublime : « Grâce à votre effort, vous recevez des mains de Haydn, l’esprit de Mozart ». On ne peut mieux rappeler la filiation géniale qui les tient tous les trois, chacun selon son tempérament. En LIRE + LIVRES & BEAUX-LIVRES BEAUX LIVRES, compte rendu. Leon Baskt. Catalogue de l’exposition, “BAKST, des Ballets russes à la Haute Couture, à Paris, Bibliothèque musée du Palais Garnier (Editions Albin Michel). 10 chapitres passionnants éclairent la vision personnelle du plasticien Léon Bakst, celle des arts à l’épreuve de la scène. « La Leçon russe » (pour ses origines et sa formation, comme sa culture native) ; « Scène et modernité », puis « L’archaïsme dans la pensée de Bakst » (s’agissant du théoricien de l’avenir), « La référence des poètes et des écrivains » (car l’artiste fut admiré unanimement par ses pairs littéraires, de Proust à Cocteau…), « la mondanité », « les arts décoratifs », « la théâtre de la mode », jusqu’aux « avant-gardes » et au « cinéma »… rien n’est écarté à propos d’un créateur qui aura marqué durablement le spectacle en France dans les années 1910 (avec Diaghilev), puis dans les années 1920, quand il a rompu avec l’impossible et presque pervers fondateur des Ballets Russes, devenant le conseiller artistique du directeur de l’Opéra de Paris, Jacques Rouché. En fin de publication, une « chronologie sélective » permet de rétablir le contexte des créations et ballets réalisés dans la continuité de sa naissance en 1901 à sa mort en 1924. Parmi les révélations captivantes des textes, percent la coopération de Bakst pour l’Opéra de Paris, et aussi sa fidélité à une protectrice engagée comme lui par sa passion de la danse, Ida Rubinstein (dont Bakst a laissé un sublime dessin de dos,- sanguine de 1916, double-page 156-157, reproduit dans l’ouvrage). En LIRE + LIVRES événement. Compte rendu critique. Bernard Fournier : Le génie de Beethoven (Fayard). On connaît bien Bernard Fournier, esprit clair et pensée synthétique pour avoir écrit chez Fayard une formidable « Histoire du quatuor à cordes » (Fayard, 4 volumes, 1999-2010) et aussi un « panorama » du même genre musical. En une érudition qui sait établir des jalons clairs favorables à l’explication et à la compréhension des styles et des manières, l’auteur illustre pour nous le meilleur courant musicologique actuel : ni conceptuel vaseux, ni trop schématique à force de clarification. D’autant plus opportun au moment de la grande rétrospective « le mythe Beethoven » proposée actuellement à la Philharmonie de Paris (jusqu’au 29 janvier 2017), voici un ouvrage modèle qui offrant la meilleure réflexion actuelle, large, généreuse sur Beethoven, choisit de l’expliquer avec la clarté de la passion libre. C’est un mélomane habitué des grands compositeurs et du répertoire classique et romantique ; son expérience de l’écoute et une analyse régulière des partitions, lui permettent d’établir des thématiques qui interrogent en profondeur toute la musique composée par Ludwig van, traversant tous les genres et les restituant dans leurs enjeux, et leurs liens profonds avec la vie du compositeur et son époque. En LIRE + 10 CD à offrir les yeux fermés : pour surprendre et se délecter… CLERAMBAULT REINVENTÉ … dans un nouveau disque d’inédits à paraître le 21 octobre prochain chez Paraty, le nouvel ensemble français sur instruments anciens, Sébastien de Brossard dévoile tout un pan du patrimoine musical français du XVIII ème dont on s’étonne qu’aucune institution d’importance en France et même les plus spécialisées n’aît pas eu l’idée préalable de s’y intéresser; voilà un Clerambault somptueux et dramatiquement inédit dont le raffinement et les audaces comme les difficultés d’écriture posent des jalons décisifs entre Lully et Rameau. L’organiste Fabien Armengaud se passionne pour l’éloquence des Baroques français. Avec son Ensemble Sébastien de Brossard, le chef éclaire un pan méconnu et pourtant jubilatoire de la musique sacrée au début du XVIII ème siècle, celle de Clérambault dont ici les partitions pour 3 voix d’hommes sont dévoilées à leur juste format. On ne s’étonne pas de la part de l’auteur de la cantate La muse de l’opéra que le cycle choisi, éblouisse par un sens exceptionnel du texte, par l’intelligence et le raffinement de son traitement dramatique. Le Passage de La mer Rouge ou la tempête du Motet évoquant la bataille de Lépante (1571), victoire écrasante de la sainte ligue catholique contre les turcs musulmans, en témoignent ainsi particulièrement, exposant et articulant comme rarement le texte en plusieurs tableaux d’une très rare intensité expressive. En somme, monsieur Clérambault, à l’église, fait de l’opéra. En LIRE + CD, compte rendu critique. MOZART : L’idéal maçonnique (Adagio, Nocturnes, Divertimenti / 1 cd KLARTHE). Superbe programme et magistralement interprété par un collectif de « anches » suaves, mordantes, inspirées par le sujet du Mozart maçonnique. Contrairement à de solides préjugés, Mozart jusqu’à la fin de sa vie fut estimé, entouré, apprécié, parfaitement intégré aux milieux viennois les plus actifs (et le plus influents) dont les loges maçonniques, même si sous le règne de l’Empereur Joseph II (édit de 1785), un remaniement important se fit jour à Vienne dans l’organisation et le nombre officiel maximum de loges (3) dans la Capitale impériale. En LIRE + CD, opéra événement, compte rendu critique. LE MOZART CARNASSIER, ERUPTIF de CURRENTZIS. Don Giovanni de Mozart par Teodor Currentzis achève la trilogie en provenance de l’Opéra Tchaikovsky de Perm (Russie), dont le chef est directeur musical. Pari réussi pour cette nouvelle gravure qui saisit par son éloquence subtile des nuances, sa fougue générale, la caractérisation très fine des personnages, le jeu en clair)obscur parfaitement maîtrisé du chef, en particulier dans la continuité du cd3 (lire ci après). C’est la réalisation lyrique la plus attendue de cette fin 2016 : achevant leur trilogie Da Ponte / Mozart, Teodor Currentzis et les instrumentistes de son ensemble « MusicAeterna » redoublent ici de nuances expressives et d’engagement d’une exceptionnelle tenue. Sur un diapason incisif, angulaire à 430 hz, le chef grec livre dans cet enregistrement réalisé à l’Opéra Tchaikovsky de Perm en décembre 2015, soit il y a déjà une année, l’accomplissement le mieux affiné de son cycle mozartien. Tempis fouettés, d’une trempe vorace, carnassière (à la mesure du désir permanent, instinctif, primaire, irrépressible de Don Giovanni, séducteur / félin / prédateur),… En LIRE + CD, événement. Compte rendu critique. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Le théâtre musical de Telemann. Les Masques. Olivier Fortin, direction (1 cd Alpha). En préambule à l’année Telemann (LIRE notre dossier spécial Telemann : 2017, 250 ans de la mort de Telemann), voici un excellent disque qui révèle le raffinement dramatique du compositeur baroque, et simultanément le geste toute sensualité, souplesse, élégance de superbe instrumentistes sur boyaux d’époque, l’Ensemble Masques, réunis autour du claveciniste Olivier Fortin. Rien ne laisse supposer cette peinture flamboyante des passions de l’âme qui s’offre à nous ici, dans une intensité réfléchie, juste, filigranée, d’une fulgurante d’intonation… réellement éblouissante : le son des Masques est remarquable de grâce naturelle, d’expressivité nuancé, de pudeur onirique… En LIRE + CD, compte rendu critique. Jean-Sébastien Bach : Actus tragicus — 4 cantates BWV 106, 150, 131, 12. Vox Luminis. Lionel Meunier (1 cd Alpha, 2016). INCISE et FERVEUR : VOX LUMINIS A SON MEILLEUR. D’emblée l’opulence de la sonorité, à la fois ample et charnue captive : elle permet que s’installe large et profond, – et sur un tapis instrumental des plus resserré, « essentiel » (orgue et 2 violes de gambe), le duo sublime des deux flûtes dont la tendresse dialoguée ne doit pas cacher la symbolique des deux corps creux laissant passer le souffle : la mort dans la vie. Dans la Messe en si, à l’extrémité de la carrière de Jean-Sébastien, l’auditeur saisi saura retrouver la magie à la fois proche, fraternelle et fervente des deux voix ainsi appareillées. La BWV 106, même conçue par un tout jeune compositeur (de 22 ans), affirme une étonnante vision existentielle, – mûre, au questionnement fondamental : Lionel Meunier (qui joue l’une des deux flûtes, insufflant très probablement la juste respiration à ses partenaires) et son fabuleux collectif (instrumentistes et chanteurs), jouent sur la clarté précise de toutes les lignes contrepointées, agissantes en un saisissant théâtre de la foi : à la fois, recueilli et conscient de la mort, et aussi formidablement caractérisé. Le baryton basse fondateur de Vox Luminis sait à nouveau convaincre par une maîtrise qui allie éloquence du discours et incarnation très juste et nuancée de la musique de Bach… En LIRE + CD événement, compte rendu critique. HOMAGES : Benjamin Grosvenor, piano (1 cd Decca). Les Liszt et Franck sublimés du pianiste Benjamin Grosvenor. D’emblée, nous savions qu’à la seule lecture du programme et la très subtile articulation des enchaînements comme des compositeurs ainsi sélectionnés, nous tenions là mieux qu’une confirmation artistique … : un accomplissement majeur s’agissant du pianiste britannique le plus exceptionnel qui soit actuellement et qui en est déjà à son 4è récital discographique pour Decca. Benjamin Grosvenor, parmi la jeune colonie de pianistes élus par Deutsche Grammophon et Decca (Daniil Trifonov, Alice Sara Ott, Yuja Wang… sans omettre les plus fugaces ou plus récents: Elizabeth Joy-Roe, ambassadrice de rêve pour Field chez Decca , ou surtout Seong Jin Cho, dernier lauréat du Concours Chopin de Varsovie…), fait figure à part d’une somptueuse maturité interprétative qui illumine de l’intérieur en particulier ses Liszt et ses Franck. En LIRE + 5 DVD événements DVD, compte rendu critique. Rachmaninov Troika : Aleko, Le Chevalier ladre, Francesca da Rimini (2 dvd Bel Air Classiques). Connaissez vous le Rachma lyrique ? « Aleko » (1893), « Le Chevalier avare » et « Francesca da Rimini » (créés en 1906) sont les trois seuls opéras achevés par Sergei Rachmaninov. Ils sont réunis ici dans une production signé visuellement et théâtralement de Kirsten Dehlholm, avec le concours du collectif d’arts visuels Hotel Pro Forma sous le titre « Rachmaninov Troïka ». Bruxelles, juin 2015. La Monnaie affiche les 3 opéras achevés du jeune Rachmaninov : jeune génie adulé par Tchaikovski, d’une inspiration tragique, noire, pouchkinienne, où l’orchestre davantage que les solistes et le choeur (très présent dans les trois volets ainsi réunis en triptyque, surtout dans Francesca, pour l’évocation des enfers et des âmes maudites errant dans le 2ème cercle), est le vrai protagoniste de la performance. Alors en travaux le théâtre lyrique bruxellois se la joue “hors les murs”, ainsi pour les 3 ouvrages de Rachma, la performance du triptyque a lieu au Théâtre national de Bruxelles. En LIRE + DVD. Einstein on the Beach (Châtelet, 2014). Glass, Wilson, Childs. The Lucinda Childs Dance Company, The Philip Glass ensemble. Enregistré au Théâtre du Châtelet à Paris, en janvier 2014; 2 dvd OPUS ARTE BD7173 D. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016. Créé le 25 juillet 1976 à l’Opéra-Théâtre d’Avignon dans le cadre du Festival, l’opéra Einstein on the beach, malgré son sujet, – scientifique-, reste un jalon majeur de l’écriture moderne au XXè siècle, touchant par son originalité formelle et sa grande invention visuelle. Un ovni onirique sans équivalent alors. Une certaine élite artistique américaine, réunissant comme un art total à la façon des Ballets Russes au début du siècle : danse (Childs), musique (Glass), dramaturgie, mise en scène, décors (Wilson), s’imposait alors sur la scène internationale après leur consécration française en Avignon. Opéra en quatre actes, Einstein on the beach renaissait ainsi dans les années 2010, par ses trois concepteurs re sollicités (surtout la chorégraphe Lucinda Childs invitée à écrire de nouveaux ballets) pour une nouvelle tournée américaine puis européenne passant par Montpellier (2012), puis Paris (comme ici au Châtelet en janvier 2014 où a été réalisé la captation vidéo). En LIRE + DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014). Anna Netrebko incarne une Lady Macbeth très convaincante. Dans son album Deutsche Grammophon édité en 2013 (Verdi album), Anna Netrebko chantait les tiraillements amoureux (Leonora) et les ambitions meurtrières (Lady Mabeth) des héroïnes qu’elle allait ensuite incarner sur scène. Programme prémonitoire en réalité, le cd événement faisait donc office de feuille de route pour la cantatrice actrice. De fait elle a chanté dans la foulée de cet album important Leonora du Trouvère (à Berlin et Salzbourg), puis Lady Macbeth … Voici la fameuse production shakespearienne captée en 2014 au Metropolitan Opera de New York. Les grands événements lyriques de la planète savent faire un tapage médiatique d’autant plus légitime quand il s’agit de prises de rôle attendues et réussies. Dans le cas de la soprano incandescente Anna Netrebko, contre l’avis de certains qui annonçaient une débâcle car elle n’avait pas la voix suffisante, le pari est relevé ; les attentes, couronnées de délices. En LIRE +

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